présence | absence

Le mercredi 14 octobre 2020 était inaugurée sur le parvis de l’Espace Aragon à Montbonnot une sculpture monumentale de Charles Payan,
présence | absence. Henri Baile, président de la communauté de communes Le Grésivaudan, a accueilli l’œuvre avec ces mots :

On m’a dit que vous avez intitulé votre œuvre « présence | absence ». Si j’imagine en deviner l’origine, il me reste à en pénétrer le sens à travers cette faille à double face, cette faille à double sens qui est, à elle seule, tout à la fois histoire, réalité et projection. Une sorte de métaphore de la rencontre du singulier et du pluriel. Elle nous interpelle et nous rappelle en ces temps de barbarie, sur fond de séparatismes que pour partager, il faut être à la fois singulier et conscient de l’existence d’un commun. Elle nous rappelle que pour s’unir, il faut être différent. Cette faille nous invite à comprendre que la rencontre n’est pas une destruction, mais une élévation, la conscience de soi et le désir de l’autre. Elle est la condition du lien.

La force de votre œuvre est de nous parler intimement, quand bien-même nous ne partagerions pas la même lecture. Elle est l’incarnation de l’impossibilité de l’univoque car elle n’est pas totalement révélée, elle reste toujours à découvrir. Comme le lien, son sens ne sera jamais donné, toujours à créer et à recréer. Pour les uns ce sera une pyramide déboîtée, pour les autres un angle dièdre incarné, pour tous une interpellation ! C’est cette infinité de regards et de dialogues autour d’une œuvre, la possibilité de tisser un lien propre avec elle qui font la civilisation, car Là où le lien à l’autre est univoque et préconstruit, il y a barbarie. Là où il est vivant, mouvant et créatif il y a culture et humanité.

Merci Charles Payan pour cette métaphore de l’appartenance qui nous invite à réfléchir à la différence entre frontières et miradors.
Merci pour ce volume à trois faces, bien assis sur sa base résonnant politiquement dans ces trois mots sacrés qui trônent aux frontons des maisons de notre République : liberté, égalité, fraternité, auxquels je souhaite rajouter le mot laïcité.

Tout comme eux, votre sculpture exprime à mes yeux la liberté de rire, de penser, de n’être pas enfermé dans une communauté, dans une identité supposée. Comme eux, votre œuvre incarne à mes yeux l’idée même de la raison universelle qui définit notre humanité commune et nous oppose à toute barbarie sur fond de séparatisme. C’est pourquoi, Charles Payan, je tiens à vous exprimer toute ma reconnaissance et ma gratitude, en mon nom propre mais aussi au nom de tous ceux qui demain fréquenteront ce lieu. C’est aussi la raison pour laquelle je veux aussi dire merci et adresser un clin d’œil fraternel à tous ceux qui vous ont accompagné dans cette révélation.

Henri Baile



Catégories :choses d'ici, sculpture

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1 réponse

  1. une véritable histoire d’amour !

    bel hommage en tout cas qui doit ravir l’auteur de l’œuvre.

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