Résonance, oscillation, énergie musicale d’une rencontre

novembre 2010 – avril 2020

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Telle est la leçon de la philosophie : la nature n’a pas de raison. Elle est ce qu’elle est. La projection de nos imaginations réglées ou débridées n’y changera rien. Il en va de même de sa beauté qui échappe aux définitions ou les satisfait toutes. Miroir ou écho, elle est le reflet de nos émotions qu’elle accueille sans rien exiger, ni rien imposer. L’esthétique des rozand-olympe.1290286677.JPGsculptures de Jean-Patrice Rozand est de cette nature-là. Les formes s’inscrivent dans l’espace qu’elles animent et cet espace, en retour, révèle leur élégante énergie. Oscillation et dialectique insolite, entre l’acier et le végétal le regard balance. Tension sans cesse ravivée puis apaisée qui porte au ravissement. Les sculptures se fondent dans le paysage du parc de la Maison Hébert, compagnes d’emblée familières des arbres et des bosquets. Leur géométrie rigoureuse s’oublie au contact des formes contingentes des troncs, des ramures et des frondaisons. Alchimie singulière que catalyse la patine brune de l’acier.

Comme le bel arbre n’a pas de meilleur profil, la beauté des sculptures de Jean-Patrice Rozand touche quel que soit l’angle sous lequel on les approche. “Sculpture” est-il d’ailleurs le mot le plus approprié pour parler de ces constructions ? Les surfaces planes aux découpes rigoureusement tracés constituent des faces articulées rozand-100615.1290286837.jpgpar des arêtes dont l’ombre crée une face duale pour une autre construction cette fois virtuelle et éphémère. Le polyèdre d’acier et celui de ses ombres forment une œuvre changeante au hasard de la chorégraphie des nuages et des éclaircies. Chaque rencontre est une expérience unique.

L’harmonie du paysage que dessinent les œuvres de Jean-Patrice Rozand est celle des résonances entre des contrastes qui jouent sur toutes nos sensibilités. Résonance haptique du satin de l’acier et de la rugosité des troncs. Résonance optique de l’austérité euclidienne des plans et des courbes, et de la débauche fractale des ramures. Résonance et musique d’une légère brise soumise tour à tour aux lois d’une géométrie métrique et à l’imprévisibilité folle des branches et des feuilles.

Après la visite de l’exposition « Orées », Jean-Patrice Rozand, parc du Musée Hébert, novembre 2010

Illustrations (courtoisie musée Hébert et l’artiste) : (1) vue du parc du musée Hébert, sur la gauche « Ebre » (photographie Dominique Evrard, source site du musée Hébert) ; (2) « Olympe », 2010, acier (photographie de l’auteur) ; (3) « Bibal », 2010, acier  (détail du carton de l’exposition, photographie Dominique Evrard).



Catégories :art contemporain, choses d'ici, Musée Hébert, regardeur

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2 réponses

  1. Jean-Patrice est l’invité du Chant des Sculptures, 6° symposium de sculptures de Saint Jean de Chépy du 22 juillet au 2 aout 2013 [en savoir plus]

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  2. Des sculptures de Jean-Patrice Rozand sont exposées en permanence par le Galerie Bruno Mory à Besanceuil (entre Tournus et Cluny). Cette galerie d’art contemporain expose de façon permanente ou temporaire de grandes sculptures, défendant « un ‘art public’ qui s’intègre autant à l’architecture qu’à des espaces naturels ».

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