Hokushu, le charme d’une beauté formelle

Rozand Hokushu 2013-a

J.-P. Rozand, Hokushu, 2013

A l’écart des regards, aux confins du domaine de Saint Jean de Chépy, se dresse la silhouette d’une sculpture élégante au nom mystérieux : Hokushu.

Hokushu (ou Hokusyû / ホクシウ), un nom que les hommes murmuraient dans l’ancienne Edo pour évoquer un lieu de plaisir au nord (Hoku) du territoire (Syû) de la ville, le quartier Yoshiwara. C’est là, et là seulement, qu’au XVII° siècle le shogunat Yoshiwara  tolérait la prostitution.

Mais, Hokushu est aussi une chanson. Une chanson traditionnelle kiyomoto-bushi qui décrit la vie et les coutumes du quartier au fil des quatre saisons, et évoque  les  clients des bordels, courtisans, courtisanes, samouraïs. Le texte, publié en 1818, est de l’écrivain populaire et poète comique Ōta Nampo ; la musique est de la geisha Kawaguchi Onao, joueuse de Shamisen réputée du quartier Yoshiwara.

Rozand Hokushu 2013-d  Rozand Hokushu 2013-e Rozand Hokushu 2013-f Rozand Hokushu 2013-b

Mais encore, Hokushu est une danse. Une danse au fil de laquelle la danseuse interprète les rôles de chaque personnage évoqué par le poème. La chorégraphie, particulièrement exigeante, suit les règles classiques Kabuki Suodori. Avec élégance et une précision géométrique, le corps inscrit dans l’espace les signes d’une beauté formelle à l’opposé de ce qui fut à l’origine une expression vulgaire et scandaleuse. Les mouvements subjuguent le regardeur. Ils l’enchantent et lui ouvrent les portes d’un univers de plaisirs étranges.

Hokusyû sen’nen no kotobuki (ほくしゅうせんねんのことぶき)

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Le geste de l’éventail (détail, Jean-Patrice Rozand, Hokushu, 2013)

C’est ce charme que l’on retrouve en explorant les multiples facettes de la sculpture de Jean-Patrice Rozand ; enchantement exalté par la subtilité de la parure dont l’air et le temps ont habillé la danseuse d’acier.

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Illustrations (photographies de l’auteur) : (1) Jean-Patrice Rozand, Hokushu, 2013 ; (2), (3), (4) diverses vues de la sculpture dans le parc de Saint Jean de Chépy ; (5) Le geste de l’éventail (détail de Jean-Patrice Rozand, Hokushu, 2013) ; (6) à (9) Jean-Patrice Rozand, Hokushu, 2013 (détails)
Le 1er mai 2014, découvrir Hokushu
Saint Jean de Chépy, journée portes-ouvertes

 



Catégories :art contemporain, regardeur

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