L’art peut-il sauver les mathématiques ?

Quelle drôle d’idée… Les mathématiques seraient-elles en danger ? Et si tel était le cas, l’art y pourrait-il quelque chose ? Connaissant la vitalité et la fécondité de la recherche mathématique en France, on doute de l’intérêt d’une telle question. Ce n’est pas le point de vue des initiateurs d’une discussion sur le thème « Can art save mathematics? » dans le cadre de la grande conférence internationale ICME12 organisée en juillet 2012 en Corée.

En fait, ce congrès réunira à Séoul les meilleurs spécialistes mondiaux de l’enseignement et l’apprentissage mathématique, chercheurs et enseignants. La question prend alors une autre signification. En effet, il est de notoriété, quelles que soient les cultures et les époques, que les mathématiques suscitent peu d’enthousiasme chez beaucoup d’élèves. Problème difficile. Pourquoi pas se tourner vers l’art pour chercher des solutions. Une idée pas tout à fait originale, aussi vieille que la fascination mutuelle de l’art et de la science.

Mais ne nous emballons pas, à bien y regarder, les questions que ce groupe de discussion entend examiner lors de sa réunion à Séoul, concernent assez peu l’enseignement des mathématiques ou leur apprentissage. Il s’agit plutôt d’explorer, avec une perspective non standard, les relations de l’art et des mathématiques, qu’on en juge :

– Quelle connaissance de l’art devrait avoir un mathématicien-artiste pour pouvoir produire autre chose que des mathématiques enjolivées ?
– Quelle connaissance des mathématiques devrait avoir un artiste-mathématicien pour pouvoir entrer véritablement dans une pratique de la science ?
– Ou encore, au lieu de transformer les mathématiciens en « artistes » ou les artistes  des « mathématiciens », ne serait-il pas préférable que les deux partis collaborent ? Si tel est le cas, quel devrait-être le cadre d’une telle collaboration ?
– Comment les institutions mathématiques peuvent-elles prendre en compte les réalisations de l’art mathématique dans leur évaluation ?
– Comment les procédures d’évaluation peuvent-elles être organisées alors que par définition les « pairs » sont dans ce cas difficiles à trouver ? — dans le monde de l’art l’évaluation est rarement faite de cette manière.
– Quelle est la différence entre un article scientifique sur l’art-mathématique et une représentation artistique poétique ?

Deux questions, enfin, reviennent vers l’enseignement et l’apprentissage des mathématiques :

– Quels sont les besoins et les aspirations spécifiques de l’enseignement de l’art mathématique aux étudiants en art ?
– Y-a-t’il un besoin pour l’enseignement de l’art mathématique ?

Mais au fond, la première question ne devrait-elle pas être celle de savoir ce qu’est l’art mathématique. Il ne s’agit probablement pas simplement d’une modélisation ou d’outils mathématiques au service de l’art, comme par exemple les pavages, ou d’une esthétisation de la production mathématique, comme par exemple pour les fractales. Alors quoi… art mathématique résonne comme un oxymore tant les pratiques et la culture de l’un et de l’autre s’opposent. Peut-être faut-il voir dans l’invocation de cette chimère la manifestation d’un d’espoir de significations nouvelles qui surgiraient du rapprochement des contraires.

Charles Payan, Partition, 1985 (enduit sur bois, 112×112cm)

L’appel à proposition du groupe de discussion ICME12
« Can art save mathematics? »
est ouvert jusqu’au 14 mars 2012

Pour plus d’information et soumission suivre le lien ci-dessus



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