Quelque chose qui ne tourne pas rond…

Un petit livre élégant, presque précieux, dans une collection de poche, qui l’aurait imaginé ? Magnifique petit ouvrage, relié avec soin, un papier agréable, une typographie et des illustrations auxquelles on ne saurait rien reprocher. Il faut le signaler, alors que depuis des années on vend des « grands formats » fabriqués comme des livres jetables dont les pages, c’est sûr, un jour se détacheront. Des livres que l’on ne pourra jamais relier, ni même véritablement réparer. Les gars, il y en a marre ! Saluons le petit bijou que les éditions 10/18 nous livrent : « Sommeil » d’Haruki Murakami.

« Sommeil » une nouvelle au style très tenu, dense, tendu. Histoire étrange qui avance doucement, va crescendo jusqu’à un premier point de rupture, puis un second au bord duquel elle nous laisse. Ce pourrait être le récit d’un rêve éveillé, troublé par le drame ordinaire des sentiments qui se brisent silencieusement, dont on sort en criant et en sueur. Non… peut-être le récit de la lente sortie d’une somnolence bercée par un bonheur lancinant, puis accélérée par la prise de conscience qu’exige le regard lorsque l’émotion l’abandonne. Tout au bout de l’histoire, dans le bruit et les secousses des dernières lignes, le lecteur et l’héroïne se rapprochent ; ils comprennent qu’il y a « quelque chose qui ne tourne pas rond« .

Le japonais est une langue très étrangère au français de par sa structure, sa grammaire, son esprit au-delà de ses lettres. La traduction est un exercice plus difficile que pour beaucoup d’autres langues. J’affirmerais volontiers qu’une part importante de la qualité du texte revient à Corinne Atlan [*], la traductrice, qui a si bien interprété pour le lecteur français la poétique de Murakami. Enfin, en regard du texte, les illustrations noir et blanc d’Eva Menshik offrent un contre-point d’images qui participent à la construction de ce monde qui flotte juste un peu au-dessus de la réalité. À la bonne altitude, celle du rêve demi-éveillé dans lequel Murakami nous embarque.

Après la lecture de : Haruki Murakami, Sommeil, 2011, éditions 10/18 (citation tirée de la page 92)



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