D. H.-G. au Salon de Montrouge

hebert-guillon-cederoms.1272873389.jpg L’œuvre est à toucher avec les yeux mais, on le sait bien, il y a toujours un visiteur rebelle pour toucher avec la main. Juste pour voir, pour vérifier. Et s’il y a un bouton, c’est encore plus tentant…  peut-être est-ce ce qui est arrivé à cette installation de lecteurs de cédéroms. Imaginons : le premier visiteur a ouvert tous les tiroirs, le second a refermé les tiroirs pairs, le troisième a ouvert ou fermé les tiroirs de rangs multiples de trois selon qu’ils étaient fermés ou ouverts, etc. Question : que peut-on savoir du nombre de visiteurs indisciplinés qui sont passés avant que le dispositif ne se bloque dans l’état où il est photographié, fatigué d’être sans cesse manipulé ? Ou encore, sait-on si les visiteurs ont tous agit selon la règle imaginée. Ou bien s’agit-il d’une nichée de lecteurs attendant la becquée numérique, j’imagine un piaillement en arrière plan sonore de cette installation. Les regardeurs ont de ces idées…

Le regardeur, par ce qu’il pense et ressent en regardant une œuvre, contribue — selon un idée classique — pour moitié dans la constitution de sa signification. Cette contribution peut aller bien au-delà et faire du regardeur l’essentiel à la fois du matériau et du sujet. Celui sans qui plus rien n’existe :

hebert-guillon-cartel.1271870722.jpg

Didier Hébert-Guillon, « Individu lisant un cartel », 2010

Cette performance-installation sera exposée dans les jours qui viennent au Salon d’art contemporain de Montrouge. J’ai évoqué récemment [*] ces propositions qui prennent le lecteur au piège du formalisme logique ou de l’illusion perceptive. Je laisse, cette fois, l’auteur s’expliquer lui-même :

« Par le simple détournement d’un code d’exposition, soit le cartel, mon intervention artistique réside dans l’écriture du contenu de ce dernier afin d’engendrer une performance réalisée par le spectateur, simplement au travers de la lecture du cartel. Ce dernier conserve sa fonction informative et devient, par ce biais, générateur de l’œuvre qui est alors réalisée par le spectateur lui-même. Il devient donc, malgré lui, performeur. Il s’agit de placer le spectateur en tant que composante principale de l’œuvre et un jeu s’opère ainsi entre le cartel, le contexte et l’individu. Il ne s’agit pas d’art qui s’impose, bien au contraire. Ce travail soulève divers questions autour de ce qu’est l’exposition aujourd’hui et interroge sur les statuts de chaque acteur du champs de l’art et de leur implication respective. »

Didier Hébert-Guillon est l’un des 84 artistes sélectionnés parmi plus de 1500 candidats pour cette édition 2010 du salon de Montrouge. Il présentera trois créations, dont l’ampoule immergée [*] qui fut primée lors de l’exposition de Noël organisée à Grenoble par Magasin en 2009.

55ème Salon d’Art contemporain de Montrouge
du 6 mai au 2 juin 2010 à la Fabrique
51, av. Jean-Jaurès à Montrouge

Illustration (courtoisie de l’artiste) :  (1) Didier Hébert-Guillon, sans titre, 2009 (lecteurs CD/DVD) ; (2) Didier Hébert-Guillon, Individu lisant un cartel, 2010 (performance).

Citation de Didier Hébert-Guillon, communication personnelle, 16 avril 2010. Voir [ici] le site de l’artiste.



Catégories :art contemporain, choses d'ici, regardeur

2 réponses

  1. Très bon tout ça!
    Très belle ampoule immergée!

    un des bons artistes du salon

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  2. L’art contemporain est un sport de combat. C’est ce que montre le 55e Salon de Montrouge (Hauts-de-Seine), organisé jusqu’au 2 juin à La Fabrique … [lire la suite]

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