Je tenais tant à vous le dire

brest-pour-black-note.1268087880.JPGJe ne vais pas tout vous dire, il faut respecter la règle et vous laisser découvrir. Vous laisser vous perdre, hésiter, douter, deviner, goûter le plaisir de vous retrouver dans les méandres du texte et de la pensée. Applaudir le tour de force d’écriture lorsque vous tournerez la dernière page.

Je ne vais pas tout vous dire parce que toute la saveur du roman se perdrait. Ce n’est pas qu’il y ait à proprement parler un suspens, ou du moins je ne l’ai pas lu comme cela même si j’ai été souvent intrigué, la curiosité parfois piquée au vif. Non. C’est autre chose. Comme un voyage du dehors vers le dedans, une navigation incertaine entre monde vécu et monde rêvé. Le serti entre le réel et l’imaginaire est invisible, les frontières de la folie imperceptibles.

Ah, si, je vais quand même vous dire que si vous aimez le jazz au point de le connaître, alors votre lecture sera plus forte encore. Plus proche des personnages et de l’auteur. Mais si ce n’est pas le cas, ne vous inquiétez pas, il reste encore assez de texte pour vous accueillir. Les personnages ont tellement le jazz dans la peau qu’ils voudraient aussi avoir dans la peau l’âme de ces musiciens dont ils adoptent le nom pour surnom. Sauf lui, le narrateur, lui qu’on ne pouvait appeler Miles, ni Thelonius. Peut être pas à la hauteur. Pourtant on ne peut résister à son improvisation virtuose sur le chorus classique de l’amour-haine où le faux le dispute au vrai avec tant de subtilité que viel-black-note.1268114177.jpg le lecteur pourra penser que « c’est devenu vrai parce qu’il faisait comme si c’était pour de vrai, à cause du double mensonge ».

Et puis, il faut dire « [qu’il] y a toujours quelque chose qu’on ne dit pas ». Tanguy Viel a raison, « il y a toujours des choses qu’on est seul à savoir, et encore on ne le sait pas vraiment, et cela vous ne le saurez jamais. » Vous ne saurez jamais pourquoi j’ai aimé ce livre, ni pourquoi je tenais tant à vous le dire.

Après la lecture de : Tanguy Viel, Le Black note, Les éditions de Minuit, 1998 (citations extraites des pages 23 et 70)

Illustrations : (1) du coté de Brest, photographie de l’auteur ; (2) couverture de l’ouvrage.



Catégories :lecteur

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :