Les ombres muettes d’absences familières

beaupeere-4nb.1243536175.JPGbeaupere-3nb.1243535736.JPGDes toiles, grands formats, habitées par les ombres muettes d’absences familières, éclairées par des promesses de couleurs qui enveloppent le sujet, le retiennent encore. Des papiers, petits formats, déclinent des rappels, des impressions en images inversées des toiles dont ils  explorent la possibilité. Les monotypes et les peintures de Cécile Beaupère construisent des espaces en écho dans lesquels le regardeur peut imaginer se rapprocher des sources de l’inspiration, disposer des traces du mouvement de création pour interroger son aboutissement. Regarder devient explorer, interroger dans des allers et retours entre ce que la peinture affirme et les monotypes suggèrent. Questions de cohérence, de justesse de vue. Si le regardeur n’établit pas de rapport, l’ensemble restera-t-il silencieux. Plus que le sentiment esthétique, plus que la découverte de formes et figures surgies du travail de la matière, plus que la communion dans l’émotion, l’exposition des oeuvres de Cécile Beaupère nous invite à la réflexion, à l’interrogation. Ces peintures ne se regardent pas seulement, elles se lisent. Les papiers sont des notes laissées pour accompagner la lecture. Ce qui est écrit n’est pas énoncé mais murmuré. Figures superposées, tentatives stratifiées, essais sédimentés sur la toile où se dessine les contours de ce que les mots ne peuvent dire.

beaupere028.1242891351.jpgbeaupere030.1242891411.jpgbeaupere027.1242891277.jpgbeaupere026.1242891240.jpg

beaupere1nb.1243491543.JPGL’artiste en chamane explore en miroir, explore le miroir, autoportrait, travail de l’émotion dans l’espérance du vrai, surgissement, renoncement. Toutes les toiles sont des ombres, des évocations, des possibilités. Absence d’image, trop d’image, il ne reste que la silhouette. Le regardeur s’y dissout puis s’y révèle à son tour. Alors je me souviens de ces mots de Brian Stock : « Paolo et Francesca perçoivent ainsi la différence qui sépare la réalité de la fiction : autrement dit, la vie qu’ils sont en train de vivre et la scène qu’ils sont en train de lire. Leur tragédie est une tragédie de la conscience de soi »

L’exposition Surfaces sensibles se poursuit jusqu’au 31 mai 2009

Cécile Beaupère participe à l’exposition « Chacun son histoire »
Galerie Caroline Vachet du 4 juin au 8 août 2009

L’exposition Surfaces sensibles au centre culturel Le Belvédère réunit des oeuvres de Robert Pierrestiger, Alain Danérol et Cécile Beaupère.

Illustrations : (1) Cécile Beaupère, La solitude des amants, huile sur carton marouflé sur médium (2) monotypes « La solitude des amants », (3) Cécile Beaupère, Autoportrait, huile sur toile, (4a-d) monotypes « Autoportrait ». Les photographies 1à 3 sont de l’auteur, les photographies 4a à 4d sont de Bertrand Stofleth. L’ensemble est reproduit avec l’autorisation courtoise de l’artiste.

Citation tirée de Brian Stock, Lire, une ascèse ?, Editions Jérôme Millon, 2008, page 39.



Catégories :art contemporain, choses d'ici, regardeur

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