du charme des bâtisses, portraits

taylor-1.1226853842.jpg Dessin précis au trait légèrement incertain, couleurs soutenues discrètement en retrait, écriture sereine, narrations picturales explicites mais pas didactiques. Des portraits de bâtisses de Julian Taylor émane une force humble et première qui exerce un effet attracteur étrange. Pas de mises en scènes théâtrales, pas de ruines de l’Histoire, pas d’effet esthétique ostentatoire, simplement des constructions ordinaires mais attachantes que l’on regarde avec un sentiment de proximité familière et  tranquille. Ferme isolée ou maison de village, église ou école, gare en rase campagne ou pavillon de chasse, ces toiles réalistes évoquent la vie d’une autre époque mais en laissant la trace de l’inscription dans notre espace contemporain. Il faut s’approcher et lire les détails. On découvre les indices de la présence humaine. Ces lieux déserts ne sont pas désertés, mais habités et leur air de bonne santé suggère que c’est avec bonheur. Un bonheur simple.

img_1232.1226853732.JPGOn a le sentiment que le peintre a travaillé solitaire, déplaçant son chevalet de village en village, visiteur curieux et bon-enfant, alors que les habitants et occupants des lieux vaquent à d’autres activités.

Attentif aux marques du quotidien le plus ordinaire, il les inclut dans le détail de ses portraits, allusions discrètes qui ne rompent pas le charme des « vieilles » maisons et autres bâtiments anciens.  Ainsi, par exemple, un prosaïque panneau d’interdiction de stationner sur une porte fait écho, au premier plan, à une bande blanche de place de parking cependant que le titre de la toile nous dirige vers d’autres détails : « Petit escalier au pot de terre ». Ailleurs le titre de la toile signale un « salon de jardin en plastique » que le regardeur n’aurait peut être pas noté, ou une serre en plastique vert, un tracteur rouge ou encore « Petite église et boite aux lettres jaune ». Certains noteront un accessoire soigneusement consigné sur plusieurs toiles, une parabole sur le toit établissant un lien inattendu avec la modernité. Sourire. Ces détails suggèrent un humour discret. Finalement, un regard britannique ?

Illustration : (1) Vignette N&B (cliquable) d’après une image originale extraite du site de la Galerie 26 ; (2) L’école de filles en hiver (2008), 92×65. Source : photo L.S., cliché N&B de la première page du carton d’invitation à l’exposition de la Galerie La Pléiade . On trouve de nombreux clichés de l’œuvre variée de Julian Taylor sur le site de la Galerie Ermitage , et sur le site personnel de l’artiste.

L’exposition Julian Taylor se poursuit jusqu’au 19 novembre 2008



Catégories :regardeur

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