L’énergie noire de la ville

lampadaire-gf.1224273523.jpg Quand vient la nuit, la lumière du jour laisse place à une autre lumière aux propriétés alchimiques encore mystérieuses qui transmute l’espace et la matière en des formes qui se projettent les unes sur les autres pour faire surgir de nouvelles architectures. Façades, toitures, reliefs des rues et ruelles se réorganisent dans un ordonnancement qui répond à la fois aux exigences d’une géométrie rigoureuse et aux règles d’une incertitude cosmique. L’ombre et la lumière, qui jouent une partie imperceptible dans l’éblouissement du soleil, s’allient  au crépuscule pour façonner un paysage dont le spectacle échappe au regard s’il n’a pour filtre  l’émotion. ville-la-nuit_gf.1224273848.jpg C’est ce paysage, auquel nous sommes absents, que révèle la peinture d’Alissa Petit.  Le décalage vers le rouge de sa palette nous fait découvrir un univers urbain dans lequel les constructions, malgré leur densité, témoignent d’un vide dont l’intensité vient de cette énergie noire de la ville que nous devinions sans pouvoir jamais l’observer.

Les toiles sont accrochées sur des murs qui les absorbent dans une atmosphère pourpre et  une lumière diffuse qui suggère celle des images qu’elle éclaire. On le regrette un moment,  on aurait imaginé une autre mise en valeur, mais au fond c’est bien ainsi. Une sorte de continuité est créée entre le lieu, où dominent le rouge et le noir, et les oeuvres et transforme la visite en une place_notre-dame_gf.1224434974.jpgdéambulation noctambule au gré de laquelle  on découvre ce que l’on croyait bien connaître ; telle perspective vers l’église Saint André ou cette autre ligne de fuite vers l’église Saint Louis. Place Notre Dame le soleil et la nuit se rencontrent, par le hasard d’un regard porté vers le haut des immeubles à contre ciel bleu que rappelle  l’une des fenêtres. Une autre possibilité de raconter la ville se fait jour. Lorsque l’on se rapproche de certaines toiles, on peut remarquer des apports de matière, chenaux ou cheminées en relief, qui évoqueront pour certains la maquette d’architecte et pour d’autres un modelage par lequel, débarrassée du pinceau, la main directement façonne l’image. Ces apports sont-ils la trace de cette « envie de créer avec [le] corps » dont nous parle le texte introductif à l’exposition ?

Les toiles, les acryliques, les verres peints et les sculptures, encres et pastels d’Alissa Petit sont présentés sur son site web. L’exposition a lieu au Casino d’Uriage (38).
Illustrations (cliquables) : (1) Lampadaire (2008) huile sur toile – 120×100 cm, (2) Ville la nuit (2007) huile sur toile –  70×70 cm. (3) Place Notre-Dame (2008) huile sur toile – 120×100 cm

L’exposition d’Alissa Petit se poursuit jusqu’au 25 novembre 2008



Catégories :art contemporain, choses d'ici, regardeur

Tags:, ,

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :